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Maryha-Su Mixounette d' or

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Joined: 02 Mar 2008 Posts: 3,473
Localisation: Camargue 13  Votre pays d'origine:  Son pays d'origine:  Nombre d'enfant(s): 1
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Posted: Wed 28 May 2008 - 17:32 Post subject: Nos enfants connaitront-ils les abeilles seulement en photo? |
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Alerte à la disparition des abeilles
Depuis une douzaine d'années, apiculteurs et scientifiques s'inquiètent de la diminution des populations d'abeilles, victimes des pollutions environnementales. A terme, une menace pour la biodiversité végétale et pour notre alimentation.
1.Moins d’abeilles pour transporter le pollen
Le phénomène date d’une douzaine d’années. En Europe comme en Amérique du Nord, les colonies d’abeilles connaissent des pertes inquiétantes. Comme l’a confirmé une étude parue en 2006 dans la revue américaine Science.
Le “syndrome d’effondrement des ruches”
Depuis 1995, les apiculteurs français déplorent la disparition annuelle de centaines de milliers de colonies d’abeilles domestiques dans les régions de grandes cultures (tournesol, maïs…), en particulier dans le Sud-Ouest. La Suisse, qui comptait 350 000 ruches avant la Seconde Guerre mondiale, en dénombre 190 000 aujourd’hui, tandis que l’association allemande des apiculteurs estime que 25 % des colonies domestiques du pays sont décimées. Aux Etats-Unis la situation est catastrophique : depuis 2006, 60 à 90 % des ruchers ont été perdus. La plupart du temps, les apiculteurs décrivent ce que les scientifiques nomment le “syndrome d’effondrement des ruches” : disparition des abeilles adultes sans que l’on trouve de cadavres, infestation des insectes restants par quantités de virus et champignons, délaissement de la nourriture. Encore ce constat ne concerne-t-il que les abeilles domestiques. « Soit, pour la France, une seule espèce sur mille, les autres étant sauvages et peu étudiées », souligne Bernard Vaissière, spécialiste des insectes pollinisateurs à l’INRA d’Avignon. On imagine que les abeilles sauvages connaissent un sort semblable à celui de leurs congénères.
Les trois quarts des plantes dépendent de leur pollinisation
Les abeilles sont les pollinisateurs les plus importants pour de nombreuses espèces végétales. Elles permettent la fécondation entre fleurs mâles et femelles, en butinant des unes aux autres. Et sans fécondation, pas de fruits dans les vergers, pas de tournesols, de tomates ou de melons, pas de semences de carottes ou d’oignons, pas de reproduction pour quantité de fleurs sauvages. Le déclin des abeilles constitue donc aussi une menace pour notre alimentation. « Les trois quarts des plantes et un tiers de ce que nous mangeons en poids dépendent de leur pollinisation », rappelle Bernard Vaissière. En 2007, les Etats-Unis ont dû importer en urgence des essaims d’Australie pour assurer la production fruitière, menacée par le faible nombre de ruches pollinisatrices disponibles.
Les abeilles nous rappellent la nécessaire coopération entre espèces pour l’équilibre de l’écosystème, et le rôle central de la pollinisation dans la préservation de la biodiversité. « Pourtant, très peu de chercheurs s’y intéressent, et celle-ci n’est pas au programme des formations agricoles », déplore Bernard Vaissière. Une ignorance qui explique en partie le silence sur la disparition des abeilles.
2.Les abeilles victimes de l’environnement
La dépopulation des abeilles françaises se fait sentir depuis 1995. Ce que les apiculteurs constatent à cette époque ? Un comportement anormal des insectes après la floraison : les insectes semblent désorientés, abandonnent le butinage, perdent leurs ruches. Avec pour conséquence, une chute de la quantité de miel. On évoque d'abord les ravages d'un parasite, le varroa, apparu en France en 1981. Mais les facteurs environnementaux sont rapidement pointés du doigt.
Les insecticides mis en cause
En recoupant leurs observations, les apiculteurs aboutissent à un suspect : un insecticide systémique alors commercialisé sous le nom de Gaucho. Les insecticides systémiques se diffusent dans toute la plante, à partir des semences enrobées de traitement chimique. Des études menées par la suite ont révélé la présence de toxiques dans le nectar et le pollen consommés par les abeilles. « Or celles-ci sont particulièrement sensibles car elles sont dépourvues des gènes utiles à la détoxification », explique Bernard Vaissière, spécialiste des insectes pollinisateurs à l’INRA d’Avignon. Ces butineuses subissent de plein fouet l’action neurotoxique du Gaucho et, à partir de 1997, du fipronil (commercialisé sous le nom de Regent) à l’action similaire : désorganisation de l’influx nerveux, perte de mémoire, etc. Des symptômes qui rappellent d’ailleurs certaines affections humaines (maladies de Parkinson, d’Alzheimer…), dans lesquelles les pesticides sont également mis en cause.
En dépit des protestations des apiculteurs et des mises en garde de chercheurs, comme Marc-Edouard Colin, alors vétérinaire à l’INRA, pendant dix années les pouvoirs publics français ont laissé ces molécules sur le marché. Il a fallu attendre 2004 pour que les premières interdictions voient le jour. Aux Etats-Unis, ces substances sont toujours utilisées largement.
Voir notre Vidéo “Pesticides et santé : le grand débat”
Lire aussi la chronique de Jean-Marie Pelt (avril 2007) “Si les abeilles meurent”
Soupçons sur la pollution électromagnétique
Moins souvent évoquée, la pollution électromagnétique est aussi mise en cause. Les abeilles émettent des ondes lors de leurs danses de communication, et utilisent les champs magnétiques terrestres pour s'orienter. Des expériences (avec des téléphones mobiles) montrent leur sensibilité à l'environnement électromagnétique, et une diminution de leur sens d'orientation. En Allemagne, les professeurs Stever et Kuhn ont comparé des colonies d’abeilles exposées à des téléphones sans fil, à d'autres non exposées. Principe de l’expérience : observer le comportement des butineuses lorsqu’elles sont éloignées de leur ruche. Dans le premier cas, très peu d’entre elles, voire aucune, ne revient. Les ruches non exposées, elles, récupèrent la majorité de leurs occupantes après trente minutes.*
D’autres essais indiquent un affaiblissement des insectes exposés à des antennes de téléphonie mobile, avec une diminution de leur résistance aux maladies. D'après la biologiste Mae-Wan Ho de l'Institute of Science in Society (Grande-Bretagne), le déclin des abeilles serait concomitant à la téléphonie mobile de “troisième génération”. Les études sont encore trop peu nombreuses, et mériteraient d’être approfondies pour comprendre d’éventuelles interactions.
Agir au niveau individuel
Modifier nos habitudes pour tenir compte de ces précieux auxiliaires que sont les abeilles est urgent, y compris dans les jardins amateurs. Bannir les pesticides, laisser fleurir et monter en graine les plantes mellifères (sauge, thym, romarin…)… autant de gestes à la portée de chaque jardinier.
Lire aussi notre fiche “Jardiner écolo”
Quant aux consommateurs, ils peuvent privilégier les produits issus de la filière bio, plus respectueuse de l’environnement.
3.Un problème en discussion
Cette diminution des colonies d’abeilles préoccupe dorénavant les pouvoirs publics. Le programme européen Alarm, lancé en 2004, doit évaluer sur cinq ans les risques encourus par la biodiversité. L'équipe de Bernard Vaissière à l’INRA-Avignon est chargée de la question des pollinisateurs. Parmi ses premières recommandations, la protection de l’habitat naturel et des ressources vitales pour les abeilles paraît de bon sens. Les pratiques agricoles comme celles liées à l’entretien des espaces naturels ont beaucoup détruit les biotopes des abeilles. Le fauchage des talus, la chasse aux mauvaises herbes, le défrichage intensif, les monocultures céréalières, privent les insectes (particulièrement les espèces sauvages) de refuges et de nourriture. Il y a urgence à rétablir les jachères ou les prairies fleuries.
Débat sur les pesticides
La question des pesticides n'est toujours pas réglée, en Europe comme aux Etats-Unis. Le fipronil a été à nouveau autorisé en 2007 par la Commission européenne. En France, le ministère de l’Agriculture a interdit, début janvier 2008, le Poncho, nouvel insecticide présenté par Bayer, mais a autorisé le Cruiser de Syngenta. Cette autorisation est cependant limitée à un an. Le Grenelle de l'environnement a mis en avant la nécessité de “réduire fortement l'usage des pesticides à moyen terme”. Soit une réduction de 50 % dans un délai de dix ans. Le groupe “agriculture” du Grenelle a fixé comme objectif immédiat le recensement des substances qui devraient être interdites, ainsi qu'un renforcement de la surveillance sanitaire. Il faudra attendre les résultats de ces travaux pour y voir plus clair.
De leur côté, les producteurs de pesticides mettent en avant des études soulignant l'aspect multifactoriel des disparitions d'abeilles. Ainsi en Belgique les travaux de la faculté agronomique de Gembloux (équipe du professeur Haubruge) pointent du doigt des pratiques apicoles inadaptées à la lutte contre le varroa. De son côté, BASF indique, sur son site Internet : “Des études validées montrent qu’il n’existe pas de résidus de fipronil quantifiables dans le pollen ou le nectar des plantes. Aucune modification du comportement des abeilles ou de la taille des colonies qui butinent des cultures issues de semences protégées Régent TS (tournesol) n’a été observée.”
Enfin, les cultures OGM insecticides (des plantes génétiquement modifiées qui produisent elles-mêmes la substance toxique) posent elles aussi la question de la cohabitation avec les abeilles. Des apiculteurs ont en effet trouvé des traces de pollen transgénique dans leurs ruches. La clause de sauvegarde sur les OGM adoptée par la France début 2008 – qui empêche la culture de maïs transgénique – permettra de répondre à leurs inquiétudes sur ce point-là.
Vers la fin de la pollinisation ?
Autre source d'inquiétude pour la biodiversité : plutôt que de s'attaquer aux causes de la disparition des abeilles, les laboratoires, publics ou privés, s'orientent vers de nouvelles technologies pour se passer de pollinisation et de pollinisateurs. « Certains travaillent sur la production de fruits et légumes sans graine, comme des courgettes ou des tomates, indique Bernard Vaissière. On pulvérise des hormones pour provoquer le développement de l'ovaire, futur fruit, sans passer par la fécondation par pollinisation. Pour l'instant cela reste très coûteux. » Autre piste explorée : la production d'arbres fruitiers OGM se passant eux aussi de la pollinisation. Un modèle agricole qui ne résoud pas le problème pour les potagers, les petites exploitations et les plantes sauvages.
Pour aller plus loin
– La robe de Médée, considérations sur la décimation des abeilles, Guy Bernelas, 2006 (par correspondance à L’Ange Bleu : librairielangebleu@wanadoo.fr)
– Pesticides, révélations sur un scandale français, Fabrice Nicolino et François Veillerette , éd. Fayard, 2007. _________________

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Hassna Modérateur

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Posted: Wed 28 May 2008 - 17:38 Post subject: Nos enfants connaitront-ils les abeilles seulement en photo? |
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ozmagoray Admin

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Posted: Wed 28 May 2008 - 20:56 Post subject: Nos enfants connaitront-ils les abeilles seulement en photo? |
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j'avais vu un reportage sur ce phénomène mais malheureusement ce ne sont pas les seules espèces animales en voie de disparition! _________________ http://magali.sosblog.fr/
http://ozmagoray.ville-virtuelle.com

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Maryha-Su Mixounette d' or

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Posted: Wed 28 May 2008 - 23:00 Post subject: Nos enfants connaitront-ils les abeilles seulement en photo? |
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C'est sûr!! Mais les abeilles ont un rôle très important, leur disparition basculerait l'équilibre et le système de la Nature!! _________________

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