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Maryha-Su Mixounette d' or

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Joined: 02 Mar 2008 Posts: 3,472
Localisation: Camargue 13  Votre pays d'origine:  Son pays d'origine:  Nombre d'enfant(s): 1
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Posted: Wed 28 May 2008 - 17:42 Post subject: Suite des OGM : Morts en Inde |
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Inde : Les OGM font leurs premiers morts
En dix ans, plus de cent mille paysans indiens se sont donné la mort. Une ultime protestation contre les exigences de la mondialisation, aggravées par l'introduction des OGM. La solution : retrouver une agriculture respectueuse de la nature.
1.Des paysans pris au piège
A Bollywood, Nana Patekar est une vedette. En 2005, l'acteur a été embauché pour promouvoir auprès des paysans le coton Bt de Monsanto. Un coton génétiquement modifié dont la multinationale affirme qu'il "réduit significativement l'usage des insecticides" et qu'il permet "d'augmenter les revenus des paysans indiens" grâce à de meilleurs rendements. La firme américaine ne lésine pas sur son budget marketing en Inde : publicités sur les bords des routes, dans les journaux et à la télévision, bus avec musique, animateurs et buffets dans les zones rurales, 4x4 équipés de hauts-parleurs, "offres spéciales" et ristournes sur ses produits. La stratégie fonctionne : introduit en 2002, le coton Bt de Monsanto était planté sur 1,3 million d'hectares seulement trois ans plus tard, principalement dans les Etats du centre – Andhra Pradesh, Maharashtra, Karnataka ou Madhya Pradesh. D'après les communiqués et les rapports du numéro un des OGM, les campagnes indiennes doivent une fière chandelle au coton transgénique. Mais la réalité n'est pas Bollywood, et la vie des fermiers indiens loin d'être une fête.
La "ceinture du suicide"
Le ministère indien de l'Agriculture le reconnaît : de 1993 à 2003, cent mille paysans se sont donné la mort ; entre 2003 et 2006, on a compté seize mille suicides par an. Depuis le début de l'année 2007, les associations paysannes du district de Vidarbha, importante zone cotonnière du Maharashtra, déplorent un suicide toutes les huit heures.
Les témoignages affluent de tous les districts de la "ceinture du coton". Le scénario est toujours le même : étranglé par les dettes, incapable de nourrir sa famille, menacé de perdre ses terres, le fermier craque. Vandana Shiva, physicienne et militante écologiste, explique : « Les paysans qui plantent du coton génétiquement modifié doivent racheter les semences à Monsanto chaque année, 700 à 1 000 roupies le kilo contre 200 roupies pour des graines traditionnelles qu'on peut resemer gratuitement. Ensuite, le taux d'échec est élevé, les plants sont attaqués par des parasites auxquels ils ne résistent pas, et les fermiers sont contraints d'augmenter leur utilisation de pesticides, donc leurs dépenses. Ils s'endettent plus encore. Pour finir, le coton Bt donne des rendements bien inférieurs aux promesses, et les ventes rapportent moins que prévu. En gros, les coûts de production ont été multipliés par dix et le prix de vente a baissé d'un tiers. C'est la spirale infernale. » Sordide épilogue : la plupart des paysans se suicident en avalant les pesticides qu'ils ne peuvent plus payer.
2.La deuxième "Révolution verte"
Dans les années soixante, pour parvenir à l'autosuffisance, l'Inde lance un programme de modernisation de son agriculture, la "Révolution verte", qui bouleverse les modes traditionnels de cultures. Mécanisation et chimie augmentent les productions, pour le bénéfice des grandes exploitations. Déjà, les petits producteurs – la grande majorité – peinent à suivre le mouvement. « Mais, affirme Vandana Shiva, un agriculteur gagnait correctement sa vie jusque dans les années quatre-vingts. Ma mère, une paysanne, a pu m'envoyer à l'université. »
Les problèmes graves surgissent dans les années quatre-vingt-dix. Le productivisme a ravagé nombre de zones agricoles, où les traitements chimiques et l'irrigation ont appauvri les sols. La mondialisation économique pousse le pays à se lancer dans une deuxième "Révolution verte", en développant ses exportations de produits agricoles, notamment le coton, au détriment des cultures vivrières. Au même moment, l'agro-industrie tente d'implanter les OGM par tous les moyens. « Dans les années quatre-vingt-dix, nous avons subi la politique d'ajustements structurels du Fonds monétaire international et les accords de l'Organisation mondiale du commerce qui nous ont contraints à laisser entrer les multinationales des OGM », déplore Vandana Shiva, qui rappelle que les mêmes règles du commerce international imposent les cultures transgéniques en Europe.
Le bilan catastrophique des OGM
Le drame indien confirme ce que les opposants aux OGM dénoncent depuis dix ans : les semences brevetées menacent les agriculteurs. Dans la plupart des pays pauvres (mais aussi dans certaines régions françaises), l'agriculture est le fait de petits producteurs incapables de supporter une telle organisation. Quant aux promesses des entreprises de biotechnologies, voici le bilan qu'en tirent deux chercheurs indiens indépendants, Abdul Qayum et Kiran Sakkhari, dans une étude réalisée en Andhra Pradesh pendant trois ans, de 2002 à 2005 (Bt cotton in Andhra Pradeh : a three-year assessment, avril 2005) :
– le coton Bt est un échec en termes de rendements (30 % inférieurs à ceux du coton ordinaire),
– l'utilisation des pesticides n'a pas diminué, et les coûts de production ont augmenté,
– le coton Bt n'a pas amélioré les revenus des paysans (60 % inférieurs à ceux des planteurs de coton ordinaire),
– le coton Bt n'a pas amélioré l'environnement (pollution des sols).
Les associations locales soulignent que les fermiers ignorent les risques de dissémination du coton transgénique par pollinisation. Pire : ils mélangent les semences naturelles et modifiées, au point que les chercheurs A. Qayum et K. Sakkhari estiment que les OGM contaminent la chaîne alimentaire (les graines de coton sont transformées en huile). La plupart du temps, les paysans ne respectent pas la règle des 20 % de plants non OGM autour de leurs champs pour limiter la mutation des parasites. Résultat : ces derniers s'adaptent déjà au coton génétiquement modifié censé les éliminer.
http://www.dossierfamilial.com/conso/droits-demarches/les-ogm-doivent-figur…
David contre Goliath
Quand une firme modifie génétiquement une plante, cette dernière devient sa propriété et ne peut être semée sans paiement d'une licence. Les agriculteurs ne peuvent plus conserver une part de la récolte pour la resemer. Pour défendre ses intérêts, Monsanto emploie les grands moyens : aux Etats-Unis et au Canada, l'entreprise incite les agriculteurs à dénoncer leurs collègues soupçonnés d'utiliser ses semences et recourt aux services de détectives privés. L'agriculteur canadien Percy Schmeiser a été la double victime de cette politique : après que ses champs de colza eurent été contaminés par du colza transgénique, il s'est vu accuser par Monsanto d'avoir volé les semences brevetées. Absurde, mais implacable.
Résistances paysannes
L'introduction des OGM en Inde ne se fait pas sans résistance. Une première tentative en 1997-98 a été stoppée par la mobilisation de paysans. Monsanto venait de racheter une part d'un important semencier local, Mahyco, avec l'intention de développer ses marchés dans le pays. Vandana Shiva et son association Navdanya, qui défend les paysans depuis des années en constituant des banques de semences traditionnelles, manifestent alors devant le siège indien de la multinationale. En novembre 1998, des paysans détruisent un champ de coton génétiquement modifié non autorisé. La Cour Suprême rend un avis défavorable à ces essais OGM. En 2002, le gouvernement autorise finalement les semences de Monsanto : les suicides redoublent.
Aide à la reconversion
Navdanya demande un moratoire sur les plantations de coton et la réalisation d'une étude indépendante sur les impacts socio-économiques, sanitaires et environnementaux du coton Bt. « En mai 2006, j'ai entrepris un voyage à travers la "ceinture du suicide", raconte Vandana Shiva. Nous avons distribué des semences aux paysans qui veulent arrêter les OGM, pour qu'ils puissent nourrir leurs familles et se reconvertir. Nous les aidons à passer à l'agriculture biologique et à trouver de nouveaux marchés. D'après nos calculs, ils pourraient augmenter leurs revenus de 20 000 roupies par an de cette façon. Les semis débutent en juillet, nous pensons que cela va redonner de l'espoir à ces fermiers. » La militante, qui parcourt le monde pour alerter l'opinion (y compris en France pour soutenir les faucheurs d'OGM), appelle les consommateurs à aider cette opération "Graines de l'espoir" en préférant le coton bio au transgénique.
Durant plusieurs siècles, l'Inde a cultivé mille cinq cents variétés de coton différentes, et ses paysans nourrissaient le pays. Les semences transgéniques tuent non seulement la diversité végétale, mais aussi des milliers de fermiers pris au piège d'un système pervers. N'oublions pas que les campagnes françaises souffrent, elles aussi, de l'industrialisation agricole : une exploitation disparaît toutes les vingt minutes, et nos paysans comptent parmi les premières victimes du suicide. Partout dans le monde, le passage à une agriculture respectueuse des hommes et de l'environnement est urgent.
Pour aller plus loin
– A lire
La guerre secrète des OGM, Hervé Kempf, éd. Le Seuil.
La guerre au vivant, collectif sous la direction de Jean-Pierre Berlan, éd. Agone.
– Sur Internet
Le site de l'association Navdanya (en anglais) : www.navdanya.org _________________

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ozmagoray Admin

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Joined: 15 Aug 2007 Posts: 5,497
Localisation: marseille  Né(e)le: 01/12/1971 Votre pays d'origine:  Son pays d'origine:  Date de mariage: 26/06/2004 Nombre d'enfant(s): 2
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Maryha-Su Mixounette d' or

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Joined: 02 Mar 2008 Posts: 3,472
Localisation: Camargue 13  Votre pays d'origine:  Son pays d'origine:  Nombre d'enfant(s): 1
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Posted: Wed 28 May 2008 - 22:51 Post subject: Suite des OGM : Morts en Inde |
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Merci pour ta franchise!! _________________

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